Atelier Fabrique de sociologie 34

Université Paul Valéry – Montpellier 3

L’atelier a été lancé en juin 2012 en association avec le séminaire Les fabriques de sociologie : pratiques et modes de production des recherches en situation d’expérimentation sociale (Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord).

Il se tient à l’Université Paul Valéry – Montpellier 3, sous la responsabilité de Pascal Nicolas-Le Strat, maître de conférences en sociologie, en lien avec le Master 2 Intermédiation et Développement Social et le Master 2 Politique de la Ville et Développement Territorial (responsable Olivier Noël).

L’atelier Fabrique de sociologie se réunit au rythme d’une fois par mois.

L’atelier s’est donné comme objectifs :

  • de défendre une recherche critique en science sociale sur le site de Paul Valéry,
  • de disposer d’un espace de travail où les participants pourront échanger sur leurs pratiques effectives de recherche et d’intervention,
  • de favoriser des hybridités, celle de l’enseignement et de la recherche (fragilisée aujourd’hui en raison des logiques néolibérales d’offre de formation), de la formation et de la recherche, du travail social et de la recherche, de l’art et de la recherche, de la militance et de la recherche…
  • de renforcer la professionnalité et la légitimité scientifique des recherches impliquées, des recherches-interventions, des recherches en situation d’intermédiation, des recherches en situation d’expérimentation sociale.
  • d’associer les étudiants de Master dans une visée de formation à la recherche et par la recherche,
  • de peser intellectuellement et politiquement sur le terrain institutionnel de l’Université – l’université comprise comme « bien commun » et comme « communauté de pratiques », bien loin de l’idéologie managériale de l’excellence et de la concurrence.

Année 2013-14

Séances 6 – 1er avril 2014. Conférence de Sébastien Broca, sociologue au Centre d’études des techniques, des connaissances et des pratiques (Cetcopra) de la Sorbonne – Université Paris 1, à l’occasion de la publication de son livre Utopie du logiciel libre – Du bricolage informatique à la réinvention sociale. « Né dans les années 1980 de la révolte de hackers contre la privatisation du code informatique, le mouvement du logiciel libre ne semblait pas destiné à renouveler nos imaginaires politiques. Les valeurs et les pratiques du Libre ont pourtant gagné d’autres domaines, dessinant peu à peu une véritable  « utopie concrète ». Dans sa relation à l’économie d’Internet, ses enthousiasmes technophiles ou ses ambiguïtés politiques, le Libre soulève aussi nombre de questions. Sébastien Broca fait ressortir celles-ci, en racontant une histoire dans laquelle les hackers inspirent la pensée critique (d’André Gorz aux animateurs de la revue Multitudes) et les entrepreneurs open source côtoient les défenseurs des biens communs. À travers ce bouillonnement de pratiques, de luttes et de théories, l’esprit du Libre émerge néanmoins comme un déjà là où s’ébauchent les contours d’une réinvention sociale ».

Séance 5 – 24 février 2014. Séance introduite et animée par Dominique Paturel, chercheuse à l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), portant sur  « Société du risque ou société du care ? »

Séance 4 – 27 janvier 2014. Olivier Noël, maître de conférences associé en sociologie politique (Université Montpellier 3) analyse la polémique qui a accompagné la publication des rapports commandés par le Premier ministre pour « Refonder la politique d’intégration » et propose donc un retour sur expérience sur le mode : « la navigation sociologique par gros temps (politique et médiatique) ». Les pistes de travail proposées par ces rapports ont été violemment dénoncées par la droite et une partie de la majorité gouvernementale de gauche. Olivier Noël, co-auteur d’un de ces rapports, s’est donc retrouvé en tant que sociologue au cœur d’une polémique fortement médiatisée… et donc riche d’informations et de connaissances sur l’engagement du sociologue dans la cité.

Séance 3 – 25 novembre 2013. Contribution de Stéphanie Canovas : « Entre croisades salvatrices et immersion dans l’ordinaire. Proposer une parole publique des coulisses de l’enfance en danger ». A partir d’une recherche conduite sur la notion d’information préoccupante, nous présenterons les tentatives de construction d’un travail qui soutient le paradoxe d’être à la fois plongé dans l’action et de pouvoir s’en distancier. Pour aller plus loin, ces contradictions parfois si douloureuses pourront être saisies comme de précieux analyseurs dans le rapport au terrain. Dans cette perspective, « être à l’intérieur », au plus près de l’univers de l’enfance en danger n’interdit pas de s’en défaire et autorise une contribution critique et audible.

Séance 2 – 21 octobre 2013 : « Quelles écritures de soi dans nos métiers et nos militantismes ? ». Intervention de Pascal Nicolas-Le Strat. Nous biographions de plus en plus fréquemment nos expériences de vie et d’activité, au sens où nous éprouvons le besoin de les inscrire dans une historicité personnelle. Ce besoin de réinscription dans ce qui fait histoire et sens pour soi vient sans doute compenser l’affaiblissement des « grands programmes institutionnels » (F. Dubet), en charge historiquement de réguler nos comportements et trajectoires. Par exemple, le grand « programme institutionnel » de la promotion sociale, par le travail, la culture ou l’éducation, permettait de s’inscrire dans une historicité collective (sociétale), sans nécessairement devoir faire le détour de soi par soi. La construction du sens s’est déportée, moins soutenue institutionnellement et beaucoup plus élaborée personnellement (beaucoup plus biographiée).

Séance 1 – 30 septembre 2013 : « Du su (de ce que je crois savoir), à ce que je conjecture ! Regards portés sur les formations supérieures sociales », séance introduite et animée par Pierre-Alain Guyot et Pierre Hébrard. Il sera question de la « réingénierie » des diplômes de formation, des contradictions autour de ce que recouvre le terme de formation, des réformes des dispositifs de formation du travail social et des métiers de la santé fondées sur « l’approche par les compétences ». D’où vient ce courant en matière de formation professionnelle ? Quelle conception du travail et de la formation elle véhicule ? Que disent les formateurs qui doivent utiliser les outils qui leur sont fournis avec cette approche (référentiels d’activités, de compétences et autres grilles d’évaluation) ?

Année 2012-13

Séance 10 – 27 juin 2013 : « Dispositifs expérimentaux et production de la connaissance », animé par Olivier Noël et Lionel Clariana. « Le séminaire de « fabriques de sociologie » questionne, au fil des séances, les interactions voire les interdépendances entre dispositifs expérimentaux et les manières de produire de la connaissance. Les dispositifs présentés – comme les pratiques sociologiques à l’oeuvre – s’inscrivent assez clairement dans des perspectives alternatives, de transformation sociale, d’émancipation démocratique. Cette fabrique d’un « autre possible » interroge de façon récurrente la possibilité de construire un commun toujours élargi. Aussi, nous proposons de tirer un bilan des différentes séances pour interroger notre capacité collective à construire un nouveau temps commun – un évènement en région – qui serait l’occasion de découvrir in situ des expériences dont nous avons seulement entendu parler, de nouer des liens, de favoriser des rencontres (notamment avec les amis de Saint-Denis et de Rennes) et des alliances dans un territoire régional qui ne se caractérise guère par son innovation sociale. En un mot : imaginons le développement de notre pouvoir d’agir collectif ! ».

Séance 9 – 5 mai 2013 : intervention de Benjamin Roux sur la question des Enjeux d’une culture/politique des précédents et de l’élaboration/transmission des savoirs qui lui sont associés. « Mon intérêt se porte sur cette démarche que David Vercauteren nomme « culture des précédents » en tant que démarche des collectifs pour cultiver les savoirs-être et savoirs-faire acquis en faisant collectif, en devenant collectif. Une fois conscientisés, ces savoirs et expériences méritent que l’on en garde une trace. Pour l’interne, pour ne pas oublier mais aussi pour transmettre à ceux qui arrivent et pourquoi pas à laisser dans le sac de ceux qui partent ».

Séance 8 – 25 mars 2013 : Pascal Nicolas-Le Strat intervient sur le thème « De la fabrication institutionnelle des « impuissances à agir » au développement d’un empowerment »

Séance 7 – 18 février 2013 : Pauline Scherer propose de partager un questionnement sur le thème « Dimension politique, force de résistance et place de la recherche dans les démarches de co-création et les processus collaboratifs, suivi de : pourquoi et comment faire une thèse en recherche-action? ». Consulter à ce propos son mémoire de Master 2 mis en ligne : La démarche de co-création artistique et sociale comme espace d’expérimentation politique et comme mode de résistance : trois expériences à l’échelle du quartier.

Séance 6 – 28 janvier 2013. Premier temps :  discussion collective à propos des « Enjeux et attentes vis-à-vis de la recherche en science sociale sur nos terrains d’activité respectifs. Quelles pratiques de la recherche, pour quelles activités professionnelles et/ou militantes ? Quelle place occupe / peut occuper l’Atelier Fabrique de sociologie dans nos perspectives personnelles, professionnelles ou militantes ? Comment s’organiser collectivement pour que l’Atelier réponde au mieux à ces enjeux et attentes ? ». Dans un deuxième temps : présentation par Sébastien Joffres (doctorant en sociologie) de son projet de thèse « Le métier de formateur dans les formations du social ».

Séance 5 – 3 décembre 2012 : contribution d’Olivier Noël (maître de conférences associé en sociologie politique, chercheur à l’ISCRA) sur le thème : « Sociologie publique : processus d’apprentissages réciproques et enjeux démocratiques ». Après avoir contextualisé une recherche au long cours (1992-2012) sur les discriminations raciales et sociales qui affectent tout particulièrement les jeunes des quartiers populaires, nous présenterons un ou deux dispositifs d’expérimentation sociale (2005-2012) afin de souligner les processus d’apprentissages réciproques à l’oeuvre et les enjeux démocratiques que soulèvent de telles pratiques dans la construction des problèmes publics.

Séance 4 – 12 novembre 2012 : contributions de Anthony Boulin (chercheur, militant associatif) « Interdisciplinarité et recherche participative pour la construction du commun. Le cas des recherches sur la désargence » ; et de Dominique Paturel (docteur en science de gestion), dans une perspective de science-action, « Aide alimentaire et accès à l’alimentation »: à travers l’exemple des Restos du Coeur de l’Hérault.

Séance 3– 22 octobre 2012 : contributions de Lionel Clariana (éducateur spécialisé, titulaire du DEIS et du Master Intermédiation et Développement Social, doctorant en sociologie) « Professionnel du social, militant, chercheur : de l’articulation complexe des rôles et des places… Réflexion à partir d’une implication dans un collectif de parents d’enfants sans-papiers » ; et de Pierre Hébrard (maître de conférence en science de l’éducation, retraité) « Connaissance critique… au risque de ne pas être légitime ».

Séance 2 – 17 septembre 2012 : contribution de Pierre-Alain Guyot (docteur en sciences de l’éducation) sur l’intérêt des démarches cliniques en sciences humaines.

Séance 1 – 25 juin 2012 : contribution d’Annelise Favier (anthropologue) à propos d’un travail ethnographique réalisé dans un collège